RAG vs GraphRAG : quelles différences ?
Le RAG et GraphRAG permettent tous les deux à un modèle de langage d’utiliser des connaissances externes.
Un système RAG classique recherche principalement des fragments de documents proches de la question.
GraphRAG ajoute une représentation des entités et des relations présentes dans le corpus.
La différence essentielle peut être résumée ainsi :
Le RAG retrouve des passages pertinents. GraphRAG cherche également à comprendre comment les informations sont reliées.
GraphRAG n’est pas automatiquement meilleur qu’un RAG classique. Il ajoute une architecture plus complexe, plus coûteuse à construire et plus difficile à maintenir.
Le choix doit dépendre des questions, du corpus et du besoin réel.
Ce que vous allez comprendre
À la fin de cette page, vous saurez :
- expliquer le fonctionnement du RAG ;
- expliquer le fonctionnement de GraphRAG ;
- distinguer recherche documentaire et recherche relationnelle ;
- reconnaître les questions adaptées à chaque approche ;
- comparer leurs coûts et leurs limites ;
- comprendre les architectures hybrides ;
- choisir une première implémentation raisonnable.
Qu’est-ce que le RAG ?
Le Retrieval-Augmented Generation combine un système de recherche et un modèle de langage.
Le processus général est le suivant :
Documents
↓
Découpage en fragments
↓
Création d’un index
↓
Question utilisateur
↓
Recherche des fragments pertinents
↓
Transmission au LLM
↓
Réponse
Le RAG permet au modèle d’utiliser des contenus :
- récents ;
- privés ;
- spécialisés ;
- vérifiables ;
- absents de son entraînement.
Exemple de RAG
Question :
Quelle est la durée de la formation SEO avancée ?
Le système retrouve le fragment :
La formation SEO avancée dure 21 heures.
Le LLM répond :
La formation SEO avancée dure 21 heures.
La réponse se trouve dans un passage précis.
Un RAG classique est adapté.
Qu’est-ce que GraphRAG ?
GraphRAG ajoute un graphe représentant :
- les entités ;
- les relations ;
- les événements ;
- les documents ;
- les communautés ;
- les sources.
Le processus peut être résumé ainsi :
Documents
↓
Extraction des entités
↓
Extraction des relations
↓
Résolution d’identités
↓
Construction du graphe
↓
Recherche dans le graphe et les textes
↓
LLM
↓
Réponse
GraphRAG devient particulièrement utile lorsque la réponse exige plusieurs relations.
Exemple de GraphRAG
Question :
Quelles personnes liées au projet Orion travaillent également sur des contrats concernant le client Beta ?
Le système doit suivre :
Personne
→ participe à → Projet Orion
→ travaille sur → Contrat
→ concerne → Client Beta
La réponse dépend de plusieurs entités et de plusieurs documents.
Une simple recherche vectorielle peut retrouver certains passages sans reconstruire correctement le chemin.
Comparaison générale
| RAG | GraphRAG |
|---|---|
| Recherche des fragments | Recherche des fragments et relations |
| Utilise souvent un index vectoriel | Utilise un index et un graphe |
| Adapté aux réponses locales | Adapté aux réponses relationnelles |
| Mise en œuvre plus simple | Mise en œuvre plus complexe |
| Coût d’ingestion limité | Coût d’extraction plus élevé |
| Maintenance documentaire | Maintenance documentaire et graphique |
| Moins de modélisation | Nécessite un modèle d’entités |
| Répond bien aux questions factuelles | Répond mieux aux questions multi-étapes |
| Moins adapté à la vue globale | Peut produire des synthèses globales |
Les questions adaptées au RAG
Un RAG classique convient bien aux questions comme :
- quelle est la durée de cette formation ?
- quelle procédure décrit ce document ?
- quel est le prix de ce produit ?
- quelle clause concerne la résiliation ?
- quel passage explique ce concept ?
- quels sont les prérequis indiqués dans la fiche ?
La réponse se trouve généralement dans un nombre limité de passages.
Les questions adaptées à GraphRAG
GraphRAG devient plus pertinent pour :
- quelles personnes sont indirectement reliées à ce projet ?
- quels documents concernent des produits couverts par un contrat expiré ?
- quelles entreprises partagent des dirigeants ou partenaires ?
- quelles communautés d’acteurs apparaissent dans le corpus ?
- quels concepts relient plusieurs domaines ?
- quelles causes, procédures et incidents sont associés au même produit ?
Ces questions nécessitent de suivre des relations.
Recherche locale et recherche globale
Recherche locale
Une question locale porte sur une entité précise.
Exemple :
Quels documents mentionnent le produit X200 ?
Un RAG avec de bonnes métadonnées peut suffire.
Un graphe peut cependant améliorer la recherche :
Produit X200
→ mentionné dans → Document 458
→ concerné par → Incident 784
→ couvert par → Contrat Alpha
Recherche globale
Une question globale porte sur l’ensemble du corpus.
Exemple :
Quels sont les principaux groupes d’acteurs et de projets présents dans ces rapports ?
Un RAG classique peut retrouver quelques passages.
GraphRAG peut :
- détecter des communautés ;
- résumer chaque groupe ;
- comparer les résumés ;
- produire une synthèse générale.
Architecture d’un RAG classique
1. Ingestion des documents
Les sources sont collectées et nettoyées.
2. Découpage
Les documents sont divisés en fragments.
3. Embeddings
Chaque fragment est transformé en vecteur.
4. Indexation
Les vecteurs et métadonnées sont stockés.
5. Recherche
Les fragments proches de la question sont sélectionnés.
6. Génération
Le LLM produit une réponse.
Architecture de GraphRAG
GraphRAG ajoute plusieurs étapes.
1. Extraction des entités
Exemples :
Marie Dupont
Entreprise Alpha
Projet Orion
Client Beta
2. Extraction des relations
Marie Dupont → travaille pour → Entreprise Alpha
Entreprise Alpha → participe à → Projet Orion
Projet Orion → concerne → Client Beta
3. Résolution d’entités
Le système doit rapprocher :
Entreprise Alpha
Alpha SAS
Société Alpha
4. Construction du graphe
Les nœuds et relations sont stockés.
5. Détection de communautés
Les groupes fortement reliés sont identifiés.
6. Résumés
Des résumés peuvent être créés pour chaque groupe.
7. Recherche
La question est traitée à partir :
- du graphe ;
- des fragments ;
- des résumés ;
- des métadonnées.
Le coût de construction
Coût du RAG
Le coût principal concerne :
- l’extraction des textes ;
- le découpage ;
- les embeddings ;
- le stockage ;
- les requêtes ;
- la génération.
Coût de GraphRAG
GraphRAG ajoute :
- l’extraction d’entités ;
- l’extraction de relations ;
- la résolution d’identités ;
- la validation ;
- la construction du graphe ;
- les résumés de communautés ;
- la maintenance des relations.
Le coût peut être significativement supérieur.
La qualité des données
Un RAG dépend fortement de :
- la qualité des documents ;
- leur découpage ;
- leurs métadonnées ;
- leur fraîcheur ;
- la qualité du retriever.
GraphRAG dépend également de :
- la qualité des entités ;
- la qualité des relations ;
- la résolution des doublons ;
- l’ontologie ;
- la provenance ;
- la cohérence du graphe.
GraphRAG ajoute donc de nouvelles possibilités, mais aussi de nouvelles sources d’erreurs.
Exemple : corpus juridique
Question simple
Quelle est la date d’entrée en vigueur de cet article ?
Un RAG documentaire peut suffire.
Question relationnelle
Quelles décisions rendues après la réforme interprètent cet article dans les litiges concernant les contrats professionnels ?
Le système doit relier :
Décision
→ rendue après → Réforme
→ interprète → Article
→ concerne → Litige
→ porte sur → Contrat professionnel
GraphRAG devient plus pertinent.
Exemple : support technique
Question simple
Que signifie le code d’erreur 458 ?
Un RAG peut retrouver la définition.
Question relationnelle
Quels incidents similaires concernent le même composant, présentent le même symptôme et ont été résolus par la même procédure ?
Le graphe doit relier :
Incident
→ concerne → Composant
→ présente → Symptôme
→ résolu par → Procédure
Exemple : recherche scientifique
Question simple
Quelle méthode est utilisée dans cet article ?
Le RAG retrouve le passage.
Question globale
Quelles équipes utilisent les mêmes méthodes sur des jeux de données différents et obtiennent des résultats contradictoires ?
GraphRAG peut relier :
Auteur
→ appartient à → Institution
→ écrit → Article
→ utilise → Méthode
→ analyse → Jeu de données
→ produit → Résultat
Le rôle des métadonnées
Un bon RAG avec des métadonnées peut résoudre de nombreuses questions sans graphe.
Exemples de métadonnées :
produit : X200
type_document : procédure
version : 4.2
date_validité : 2026-12-31
client : Alpha
statut : validé
Avant de construire GraphRAG, il faut vérifier si :
- une meilleure taxonomie ;
- de meilleurs filtres ;
- un meilleur découpage ;
- une recherche hybride ;
ne suffiraient pas.
Recherche hybride
Un RAG performant peut combiner :
- mots-clés ;
- embeddings ;
- filtres ;
- reranking ;
- métadonnées ;
- règles.
Cette architecture peut répondre à des questions complexes sans construire un graphe complet.
Architecture hybride RAG et GraphRAG
Il n’est pas nécessaire de choisir exclusivement l’un ou l’autre.
Une architecture peut utiliser :
Question
↓
Classification de la question
├── Question documentaire → RAG
├── Question relationnelle → Graphe
└── Question mixte → RAG + Graphe
Exemple
Question :
Quelle procédure s’applique au produit couvert par le contrat du client Alpha ?
Le graphe identifie :
Client Alpha
→ possède → Contrat 458
→ couvre → Produit X200
Le RAG retrouve ensuite :
Procédure applicable au produit X200
Le graphe trouve la bonne entité.
Le RAG fournit le contenu détaillé.
GraphRAG et ontologie
Une ontologie améliore GraphRAG en définissant :
- les types d’entités ;
- les relations autorisées ;
- les propriétés ;
- les contraintes ;
- les synonymes.
Exemple :
Personne → travaille pour → Organisation
Elle évite des relations incohérentes comme :
Produit → travaille pour → Ville
GraphRAG et règles
Le graphe représente les faits.
Les règles peuvent produire une décision.
Exemple :
Produit X200 → couvert par → Contrat Alpha
Contrat Alpha → statut → Expiré
Règle :
SI le contrat est expiré
ALORS la garantie standard ne s’applique pas.
Le LLM formule ensuite la réponse.
Exactitude et hallucinations
Ni RAG ni GraphRAG ne garantissent une réponse exacte.
Erreurs possibles dans un RAG
- mauvais fragment ;
- source ancienne ;
- contexte incomplet ;
- mauvaise interprétation ;
- exception absente.
Erreurs possibles dans GraphRAG
- entité mal identifiée ;
- relation inventée ;
- fusion incorrecte ;
- graphe incomplet ;
- résumé imprécis ;
- chemin non pertinent.
GraphRAG déplace une partie du risque vers la construction du graphe.
Évaluation du RAG
Les principaux critères comprennent :
- rappel des documents pertinents ;
- précision de la recherche ;
- fidélité aux sources ;
- exactitude de la réponse ;
- qualité des citations ;
- capacité de refus.
Évaluation de GraphRAG
Il faut également mesurer :
- précision des entités ;
- précision des relations ;
- qualité de la résolution d’identités ;
- validité des chemins ;
- couverture du graphe ;
- qualité des communautés ;
- qualité des résumés.
Quand commencer par un RAG ?
Commencez par un RAG lorsque :
- le corpus est limité ;
- les questions sont principalement documentaires ;
- les réponses se trouvent dans quelques passages ;
- les relations sont simples ;
- le budget est limité ;
- un prototype doit être construit rapidement.
Quand envisager GraphRAG ?
GraphRAG devient pertinent lorsque :
- les mêmes entités apparaissent dans de nombreux documents ;
- les relations sont importantes ;
- les questions nécessitent plusieurs étapes ;
- les questions globales sont fréquentes ;
- les chemins doivent être expliqués ;
- un RAG classique atteint une limite mesurable.
Méthode de décision
Étape 1 — Construire un jeu de questions
Séparez :
- questions factuelles ;
- questions documentaires ;
- questions relationnelles ;
- questions globales.
Étape 2 — Tester un RAG simple
Mesurez les résultats.
Étape 3 — Analyser les échecs
Les échecs viennent-ils :
- du découpage ?
- des métadonnées ?
- de la recherche ?
- du manque de relations ?
- de la génération ?
Étape 4 — Ajouter progressivement une couche graphe
Commencez par quelques types d’entités et de relations.
Étape 5 — Comparer
GraphRAG doit apporter une amélioration mesurable.
Erreurs fréquentes
Construire GraphRAG par effet de mode
La complexité doit répondre à un besoin.
Négliger un RAG simple
Un bon RAG hybride peut suffire.
Extraire toutes les relations
La majorité peut être inutile.
Ne pas définir d’ontologie
Les relations deviennent incohérentes.
Ne pas conserver les sources
Les chemins ne peuvent pas être vérifiés.
Comparer des architectures sur des questions différentes
Les tests doivent utiliser le même jeu de référence.
Considérer GraphRAG comme automatiquement supérieur
Il peut être moins performant sur des questions simples.
À retenir
- Le RAG recherche principalement des fragments de documents.
- GraphRAG ajoute les entités et leurs relations.
- Le RAG convient aux questions documentaires simples.
- GraphRAG convient davantage aux questions relationnelles.
- GraphRAG coûte plus cher à construire et à maintenir.
- Un RAG avec de bonnes métadonnées peut résoudre de nombreux problèmes.
- Une ontologie améliore la cohérence de GraphRAG.
- Une architecture hybride peut utiliser les deux méthodes.
- Ni RAG ni GraphRAG ne garantissent une réponse exacte.
- La valeur de GraphRAG doit être mesurée sur des questions réelles.
Vérifiez votre compréhension
Quelle est la principale différence ?
Le RAG retrouve des passages. GraphRAG représente aussi les relations entre les entités.
Quand un RAG classique suffit-il ?
Lorsque la réponse se trouve dans quelques fragments clairement identifiables.
Quand GraphRAG devient-il utile ?
Lorsque la réponse nécessite plusieurs entités, documents ou relations.
GraphRAG remplace-t-il la recherche vectorielle ?
Non. Il peut la compléter.
Pourquoi GraphRAG coûte-t-il davantage ?
Parce qu’il faut extraire, valider et maintenir les entités et les relations.
Quelle architecture choisir pour commencer ?
Un RAG simple ou hybride, puis une couche graphe si les tests montrent un besoin relationnel.
Questions fréquentes
GraphRAG est-il toujours plus précis ?
Non. Il peut ajouter des erreurs d’extraction ou de résolution d’entités.
Peut-on utiliser GraphRAG avec un petit corpus ?
Oui, mais le gain peut être faible par rapport au coût.
Un graphe doit-il contenir tous les documents ?
Non. Il peut représenter uniquement les entités et relations utiles.
Faut-il une ontologie ?
Elle n’est pas obligatoire, mais elle améliore généralement la qualité du graphe.
Peut-on combiner SQL, RAG et graphe ?
Oui. Une architecture hybride peut choisir la meilleure source selon la question.
Comment savoir si GraphRAG est rentable ?
En comparant les performances, les coûts et les erreurs sur un jeu de questions réel.